samedi 7 avril 2018

Lettre avril 2018 - 78eme -

Bonjour, Bonsoir


"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse,
essayez la routine, elle est mortelle."
Paulo Coelho



   "Etes-vous croyant ?". Réponse de l'intéressé : " Je ne connais pas mes secrets. Certains affirment croire ou ne pas croire et, en fait, c'est plus compliqué. Moi, je ne sais pas exactement. Et croire est peut-être déjà un mot trop grand pour être humain." Signé Vincent Lindon. Et vous, qu'en dîtes-vous ?
   Dès qu'on tombe dans un discours de vérité, "moi j'ai raison, vous avez tort", on sombre dans la violence. Il nous faut rester dans une attitude philosophique. Le terme même de religion vient du latin religare, qui veut dire créer du lien avec l'autre. Chacun est libre de faire partie d'un groupe. Mais la moindre des choses est de rester ouvert (ephata !) aux autres. Ce que beaucoup n'ont pas compris, y compris chez les pratiquants de la méditation, du développement personnel. Chacun de nous a ses réserves de boules puantes et d'odeurs de sainteté, son histoire personnelle et ses projections, mais au-delà de toutes ces réserves il y a la Vie qui se donne à respirer et à sentir, à éprouver.


    Haro sur le consumérisme lié au Yoga ! On ne compte plus les "méthodes" qui fleurissent à chaque nouvelle saison, pour séduire le "client", d'ailleurs trop souvent la cliente.... En France, on est vraiment dans le grand n'importe quoi. Tout est bon pour "attraper" les naïfs chercheurs honnêtes que nous sommes.
   En relisant Henri Le Saux, chapitre Silence et yoga dans son pertinent ouvrage de 1971 Eveil à soi - éveil à Dieu, je peux résumer que "...le Yoga authentique est essentiellement une méthode, d'ordre à la fois interne et externe, qui se propose de mener l'esprit vers le silence total. Patanjali, le maître par excellence en tout ce qui concerne le Yoga, le définit comme "l'arrêt de l'activité mentale"...." On aimerait que les adeptes du Yoga ne s'en tiennent pas aux seuls exercices de posture et de respiration, mais qu'ils prennent le goût d'explorer jusqu'au bout les immenses possibilités de cette méthode et se laissent mener par elles jusqu'à ce vide intérieur où ils découvriront le plan suprême de leur être et, par le fait même, leur véritable identité, qui est bien plus que ce qu'ont fait de nous nos parents, l'école, la famille, la religion,etc.
   Le Yoga, c'est donc silence et immobilité, le wou-wei, le non-faire de Lao-Tseu, l'hésychia christique, la tranquillité des vieux moines grecs, le recueillement sur soi-même, le retour à la source, à la matrice originelle.
   Ce que la spiritualité devrait retenir du Yoga, c'est la recherche par un moyen ou par un autre de ce silence de l'esprit et de la pensée, condition normale du plein éveil au-dedans. Ce silence seul en effet permet à l'Esprit d'agir à son gré dans l'âme. A méditer, mes amis yogis.

   Je viens de recevoir un mail de l'Ecole internationale du Rire et du Bonheur. Hum hum.... Dans la ville où je réside, depuis quelques années, il y a des cours de Yoga du Rire. Hum hum.... Penser que dans notre pays des gens en sont arrivés à payer pour rire, celà me démoralise grave. Sourire, rire, se réjouir, jouir tout court, tous ces verbes se conjuguent au présent gratuit mes amis. On est vraiment tombés bien bas.

   Comme moi sans doute, vous êtes un.e humaniste. Mot à la mode sur tous les modes, à toutes les sauces. Aujourd'hui, nos penseurs attitrés, recommandés, estampillés reconnus, nous recommande "d'adapter "l'humanisme" aux évolutions de notre temps en le fondant désormais sur la notion nouvelle de "citoyenneté mondiale". A l'appui de cette exigence, nos penseurs citent les philosophes des Lumières selon lesquels nous serions "solidaires de tous les humains, même à distance".... J'aimerais tant moi aussi me laisser emporter par cette idée enthousiasmante !

   "Malheureusement, la France me paraît très loin de pouvoir se permettre cette magnifique envolée ! Il me semble en effet que celui qui, chez nous, souhaiterait implanter dans les esprits et dans les coeurs ce concept de "citoyenneté mondiale" aurait d'abord à convaincre une bonne fraction de la population à laquelle les besoins purement matériels interdisent toute velléité d'humanisme. (...) Je citerai sans ordre préconçu quelques-uns de ces points de tension ô combien récalcitrants : 1. Les pauvres. Ils sont 8,9 millions, petits salaires et petits retraités compris ; 2. Les chômeurs. Ils sont 6,2 millions toutes catégories confondues ; 3. Les enfants pauvres. 2,7 millions d'enfants vivent au-dessous du seuil de pauvreté ; 4. Les 100 000 jeunes, chaque année, que nos enseignants ne réussissent ni à instruire ni à former ;5. Les 200 000 migrants qui errent et végètent dans l'Hexagone d'année en année ; 6. Les sans-abri dont on estime le nombre à 150 000 âmes..." (Jacques Leveau in La Croix 15/02/2018)

   C'est bien ce quart de la population de notre pays, soit 18,25 millions d'âmes sur 66 millions, qui devraient profiter efficacement de notre "humanisme commun et immédiat" pour jouir d'une vie plus heureuse, avant de vouloir nous parler d'un humanisme mondial.... Et vous, qu'en dîtes-vous ?


Tout est immobile, l’espace et la nuit
se joignant au silence pour parfaire
la gigantesque matrice où les hommes
pris de sommeil sont enfin unis
à l’univers tout entier.
Et chacun d’eux qui est énigme
tourment ou joie, n’est plus à présent
qu’une réponse sans question.
Dieu les aime sans doute pour leur avoir
donné le pouvoir de le rejoindre par
cet immense langage qui ne dit rien
ou bien encore dit tout.
Pierre Rabhi


   C'est décidé. A partir de ce mois, j'associes à mes rubriques livres et sites internet, les musiques que je partage dans mes cours de Yoga méditatif et musical chaque semaine depuis 10 années. Faîtes votre choix et bons voyages aux pays de l'intériorité, de la sensualité décomplexée....

Musiques pour l'âme : 
"Liberetto" Lars Danielsson (jazz nordique planant)
"No deal" Mélanie de Biasio (discrète diva belge, ouatée, élusive et chamanique)
"Statea" Murcof et Wagner (pianiste française et artiste électro mexicain = envoûtant)
"When the sun misses the moon" Erwan Stéphan (pianiste breton cosmique...)
"Le pas du chat noir" Anouar Brahem (la magie du oud-piano-accordéon)


La voix est livres :
"Le mythe de la virilité. Un piège pour les deux sexes." Olivia Gazalé (essai passionnant qui célèbre le féminisme avec originalité)
"L'amitié" Dimitri El Murr (depuis toujours, l'ami est celui aux côtés duquel on parcourt agréablement la vie...)
"Décider à plusieurs" Christian Thuderoz (comment rendre un collectif intelligent)
"Nouvelles. Edition complète" Clarice Lispector (elle rompt les silences féminins, ausculte les êtres. Un bijou de profondeur)
"Le bonheur sans illusions" Malene Rydahl
"Une autre Aurélia" Jean-François Billeter (une ode à sa compagne durant 48 années, sinologue et philosophe, grand lecteur de Spinoza, traducteur et commentateur du penseur Tchouang-Tseu)
"L'amitié spirituelle" Aehed de Rielvaux
"Just kids" Patti Smith (autobiographie récompensée)
"Où atterrir ? Comment s'orienter en politique ?" Bruno Latour, philosophe
"La Forêt - Jardin" Martin Crawford (pour se lancer dans un projet de forêt comestible, une vraie mine d'informations, non réservée aux érudits de la permaculture)
"La Voie de l’amoureuse. Libérer le féminin : désir, intériorité, alliance" Claire de Saint Lager


Sites :
www.jardiner-ses-possibles.org (des vacances différentes)
www.lacimade.org (des gens intelligents, réactifs, humains quoi...)
www.alosnys.com (écolieu, écocentre en Bourgogne en quête d'un maraîcher et animateur nature)
www.ecovillage-projet.fr (en Bourgogne, coopérative intergénérationnelle)
http://mercivegan.fr/ (sur l'alimentation vegan)
www.rdvavecmoi.org (par les femmes pour les femmes)



"Pour créer son propre paradis,
il faut puiser dans son enfer personnel."
Frida Kahlo



   Allô bédo bobo ! "Enfin !... Enfin le sujet de la consommation du cannabis dans notre pays semble s'imposer au coeur du débat public de manière dépassionnée. Avec surtout des responsables politiques qui ne se contentent plus de faire l'autruche face à l'ampleur du phénomène ou de se boucher le nez ! Un rapport parlementaire vient d'inspirer un assouplissement sensible, avec l'immense mérite de poser les enjeux de manière pragmatique. 11% des Français consomment du cannabis de manière régulière, un record en Europe. Deux cent mille personnes font pousser de l'herbe chez elles. Dans un pays où un citoyen sur quatre consomme des psychotropes sur ordonnance, où le stress et les souffrances liés aux différentes formes de précarité empoisonnent le quotidien de millions de personnes, il est heureux que l'âge de l'hypocrisie et de la culpabilisation primaire s'efface devant une approche plus lucide de la réalité." signeEmmanuel Tellier (Télérama du 31/01/18 + dossier collectif Ouest-France 14/03/18).

   Au pays du vin à gogo et du pastis pour tous, fumer un pétard n'est pas que pour les fêtards. Je connais nombre de malades qui utilisent l'herbe pour soulager ou mieux supporter leurs douleurs. Le spray au cannabis est enfin délivré (au compte-goutte) en France. Cultiver sa ganja n'est pas que pour les babas cool ! Une fois de plus, notre pays rétro-catho-pas rigolo-mégalo-parano se distingue par sa peur de l'évolution sociétale, alors que nombre de nos voisins européens regardent les faits en face. C'est pour quand la fumette récréative ?!.... Quand on regarde la carte de l'Europe dans le dossier documenté du Ouest-France, on peut voir clairement qu'il n'y a que la France qui résiste à tout assouplissement : thérapeutique, récréatif, consommation personnelle. Quelle bande d'hypocrites faisons-nous !
   Bon... je vais m'en rouler un petit... partagé avec quelques amis.


"Je fonce vers l'horizon / Qui s'écarte
 / Je m'empare du temps / Qui me fuit 
J'épouse des visages / D'enfance /
J'adopte mes corps / D'aujourd'hui /
Je me grave / Dans mes turbulences
 / Je pénètre / Mes embellies / Je
suis multiple / Je suis personne / Je
suis d'ailleurs / Je suis d'ici / Sans
me hâter / Je m'acclimate /
A l'immanence / De la nuit."
Andrée Chedid


   Un des grands poisons du bonheur, c'est le réflexe de comparaison. Par instinct, on va toujours se comparer à l'autre et en faire un idéal à atteindre. Mais c'est un effort sans fin qui rend malheureux. Dieu merci, plus on vieillit, plus on se détache de ce piège.
   Hommage à la star absolue de la physique, scientifique intuitif et brillant, homme extraordinaire avec sa maladie de Charcot, dont l'oeuvre et l'héritage vivront encore de nombreuses années. J'ai nommé le doux et lumineux Stephen Hawking qui nous dit : "J'ai essayé de faire bon usage de mon temps". Pourra-t-on en dire autant ?

   Petite méditation de printemps : "Nous ne trouverons jamais la paix dans le tourbillon des soucis et des problèmes en voulant en sortir par la pensée. Celle-ci est un faux labyrinthe qui nous ramène toujours au même point de départ, notre état de confusion. La méditation est le vrai labyrinthe qui nous conduit au-delà de la pensée dans la paix qui "passe tout entendement". Le plus difficile est de lâcher nos anxiétés, ce qui témoigne de la capacité de résistance négative de l'ego. Pourtant, c'est tellement simple. Il suffit de comprendre la vraie nature de la méditation : nous n'essayons pas de penser à rien, nous ne pensons pas." Laurence Freeman

   Je ne sais pas chez vous, mais dans le département où je réside nous avons une météo de m.... depuis plus de trois mois, qui déteint fortement sur la météo intérieure de ses habitants. Bonjour l'ambiance !
   Notre prochain "groupe de parole", dimanche 08, en pièce jointe.
   Je vous souhaite un délicat tremblé de la pensée, une douce ondulation du sensible, et de sérieux démélés avec le réel !
   Bio printemps....
   Jacques

dimanche 1 avril 2018


Dimanche 08 Avril 2018
Groupe de parole-partage (6eme année, ouvert à tout individu)

"Déserts et oasis....
Les déserts que j'ai traversé ?
Les oasis que j'ai trouvé ?"

Lieu : chez Jean-Marie 15 rue du Dourdy - Loctudy
14h00 à 17h00 + goûter partagé

Parler à partir de soi, en disant "JE"; écouter l'autre sans jugement ni conseil, dans un climat de vérité, avec nos paroles qui "sonnent" vraies.
Dire qui JE SUIS véritablement, parler de ma façon de ressentir le monde, ma façon de me l'approprier.
Notre groupe de parole-partage n'est pas un groupe de thérapie. Il s'adresse à celles et ceux qui ont envie d'aller plus loin dans la compréhension d'elles-mêmes et des autres. Chacun.e veille au fait que ce que dit l'autre ne soit pas interprété par les autres, mais simplement écouté dans la confiance mutuelle.
Groupe de 10/12 personnes maxi, goûter commun à 17h00, apporté par chacun.e
Coût : adhésion annuelle à l'association 10€
Toutes les 4/6 semaines, le dimanche après-midi en général, parfois le samedi am.

Quelques "commandements" pour la bonne ambiance de notre groupe :
. Tu écouteras ton prochain comme toi-même
. Tu mèneras sérieusement le thème du jour sans te prendre trop au sérieux
. Tu ne monopoliseras pas la parole, mais tu la feras circuler
. Tu ne chercheras pas à imposer ton point de vue
. Tu ne permettras pas que l'on se moque de l'opinion ou de l'ignorance de quiconque
. Tu faciliteras la prise de parole des timides et tu aideras les bavards à la laisser à d'autres
. Tu feras preuve d'humour quand ce sera nécessaire
. Tu ne craindras pas les temps de silence qui permettent aux autres de réfléchir sereinement
. Tu te délecteras du thème du jour et le savoureras avec les autres
. ....


Co-voiturage de Concarneau, pays bigouden, Moëlan, Lorient, Quimper, Rostrenen....
Détails-inscriptions : 02 98 87 46 59 ou mèl EPHATA

samedi 17 mars 2018

Lettre mars 2018 - 77eme -

Bonsoir, Bonjour

"C'est justement parce que l'humour recèle toujours une douleur cachée 
qu'il comporte aussi une sympathie dont l'ironie est dépourvue." 
Kierkegaard

   "Pourquoi sommes-nous si dociles ?  On ne nous a jamais autant demandé d'être nous-mêmes, et on n'a jamais été si conformistes, c'est le paradoxe de notre modernité. Alors que l'on subit les inégalités économiques abyssales, la destruction programmée de la biosphère, le capitalisme spéculatif, la production de richesses par la dette, ...." nous assène Frédéric Gros, philosophe, dans son ouvrage Désobéir : "... cette obéissance-soumission sert de refuge à nos faiblesses, à nos lâchetés, à notre paresse. N'est-ce pas aussi confortable d'obéir ? On obéit pour ne pas avoir à affronter la peur de sa propre liberté. Les philosophes ont bien montré que l'on passe sa vie à inventer des stratagèmes pour ne pas avoir à affronter cette liberté. Elle nous effraie car elle suppose une responsabilité qu'on n'est pas prêt à assumer. Il faut promouvoir une "démocratie critique" : c'est à dire une démocratie qui inscrive au coeur du sujet politique une certaine vigilance, une aptitude à ne pas tout accepter, l'éveil d'un sens critique, et, en fin de compte, la philosophie en tant qu'elle demeure une inquiétude fondamentale. Obéir, c'est désobéir à soi-même ; désobéir, c'est obéir à soi-même. Tout acte de désobéissance est un acte à la première personne et suppose la responsabilité d'un "je". Pour celà, il faut accepter une tension permanente, une respiration permanente, des frictions permanentes. C'est ce que Henry David Thoreau développe dans son opuscule sur la désobéissance civile....." . 
   A méditer sérieux car un yogi, un chercheur spirituel est un désobéissant ! Qu'on se le dise.

   L'être spirituel, homme ou femme, est un chercheur : celui qui cherche humblement la manière de réaliser son potentiel, son potentiel humain, pleinement humain. Comment ? Par la dilatation de notre coeur. L'expérience spirituelle est celle de la transcendance : non pas ce qui est éloigné ou irréel mais ce qui est pleinement réel, la plénitude de notre Etre. La transcendance est une dynamique qui nous met en mouvement, une dilatation, une ouverture continue de notre esprit, dans la réalité humaine, dans notre condition humaine.
   Ce but du chercheur spirituel - la transcendance de notre petit moi-je - ne peut s'atteindre sans la "pureté du coeur". Cette pureté de coeur est tout simplement l'état de notre conscience unifiée. C'est l'état dans lequel nous sommes lorsque nous sommes... amoureux ! L'un de mes voeux donc pour cette année est que nous devenions de plus en plus amoureux.... De la vie, du vivant, du quotidien, de l'autre différent de moi,....
   C'est l'un des buts de notre pratique méditative quotidienne : l'ouverture de notre coeur, une dilatation, une amplification, qui va se diffuser, s'infuser partout en nous. Dans notre corps, notre âme, notre esprit, et à partir de là nous transformer durablement, profondément. Amen !
   "Faire" du yoga (ou être en yoga), c'est être "...un avec la vie, en étant libérer de ses conditionnements, et en acceptant que tout change et se modifie continuellement." Y'a du boulot mes amis !


   Déjà en 1882, le Docteur Elie Pécaut, auteur d'un dictionnaire de la pédagogie, observait que "les élèves subissaient les leçons comme une corvée monotone, sans que leur visage s'animât, sans que le moindre tressaillement vînt annoncer que le coeur prenne part à l'effort de l'intelligence !". Même s'il faut à l'évidence relativiser le constat, que n'a-t-on depuis pris à bras-le-corps ce qui semble un problème consubstantiel à l'école ? Celà fait maintenant huit années que je travaille dans le cadre de l'Education Nationale, et je confirme que l'ennui à l'école (pour les jeunes, et parfois même les adultes...) est le problème numéro un.... C'est quand le changement ?

   "Si nous essayons de chercher notre accomplissement personnel, notre avancement personnel, notre perfection personnelle, le seul résultat sera laruine." nous dit le maître spirituel John Main. Le mot-clé de cette phrase, c'est personnel, notre personnage. Tant que nous sommes ballotés, prisonniers de notre petite personne, de nos personnages, nous sommes à côté de la plaque....
   Méditer, c'est écouter le battement même du coeur de la création. Lorsque nous méditons, notre attention se porte totalement au-delà de nous-même. Soyons fidèles à notre méditation quotidienne, à en faire le roc sur lequel fonder notre pèlerinage intérieur. "La méditation est la thérapie fondamentale lorsqu'elle est assez profonde et pure. Chacun éprouve alors l'amour de Dieu qui guérit et transforme." nous rappelle Laurence Freeman, directeur spirituel d'une communauté mondiale de méditants.

"Au bout de ma vieille existence / Las mais
guéri de mes questions,/ Guignant idéale pitance,/
M'abriter en morte saison/Dans le coeur d'un arbre endormi;/
Puis à l'éveil de ses bourgeons/
Chercher l'ailleurs ou bien l'oubli."
Henri Daucé in Novembre


   
"La vie a cogné mais elle a donné. Je suis riche de mes douleurs. 
Il me semble que vieillir rend plus intelligent." 
France Gall


Livres et vous : 
"Tiens ferme ta couronne" Yannick Haenel (l'affleurement vital du sacré : extravagant et primordial)
"Les Joies d'en bas" Nina Brochmann/Ellen Stoklen Dahl (la fin des mythes sur le sexe des femmes, par deux médecins norvégiennes : fabuleux !)
"Ce que le mirage doit à l'oasis" Yasmina Khadraoeuvres de Lassaäd Metoui (cadeau pour mes 60 ans : merci !)
"Méditations végétales et pensées minérales" Nicolas Tournadre (cadeau pour mes 60 ans : re-merci !)
"L'imbécilité est une chose sérieuse" Maurizio Ferraris (petit livre réjouissant sur le tragique de la condition humaine...)
"Lien d'amitié. Une force d'âme" Michel Erman
"Les excès de la finance ou l'art de la prédation légalisée" Pierre Rabhi / Juliette Duquesne
"La meilleure des vies" JK Rowling (petit livre, grande sagesse : les bienfaits insoupçonnés de l'échec et l'importance de l'imagination. Texte émouvant, plein d'humour, de sagesse et d'empathie, par l'auteure d'Harry Potter !)
"La sexualité dévoilée. Sexologue, féministe et musulmane" Nadia El Bouga (le Coran est un appel au plaisir...)
"La femme est l'avenir de l'islam" Sherin Khankan (ravissante imam Danoise quasi révolutionnaire...)
"La vie réserve des surprises" Caroline Boudet (elle a 30 000 amis suite à un "j'aime" sur Facebook grâce à sa fille trisomique !)


Sites
www.we-moe.fr (à Brest, mais partout...)
www.gite-saint-alban.com (des amis, allez-y !)

"Nous passons notre vie à chercher notre place dans le monde et, parfois, 
nous nous perdons en chemin. Les plus beaux voyages sont immobiles." 
André Dussollier, comédien



    Pour vivre heureux, vivons colère ! Les lieux où déverser sa rage en fracassant des objets en toute quiétude se multiplient en France, et dessinent une nouvelle voie d'accès au bonheur, nous confient certains médias. Ainsi, à Rennes, une entreprise de déménagement propose l'expérience "Défoule-toi", permettant de détruire meubles et électroménagers, accompagné par une sophrologue ! Why not ?
 
   Il nous faut prendre conscience que la colère, notre colère, est une émotion innée chez l'être humain. Et si elle n'est pas exprimée, elle va atteindre notre corps, et peut même se cristalliser sous forme de maladies (mal à dire)"Il faut se mettre en colère pour résister face aux agressions, pour défendre sa personnalité et sa philosophie de vie, pour transmettre un message", nous conseille Patrick Amine dans son Petit éloge de la colère. Notre colère nous permet d'exprimer nos insatisfactions et, en ce sens, de favoriser la communication. Alors, stop au "zen cool man", au sourire permanent des méditants, au regard toujours compatissant des spirituels de tous bords. Ces personnes sont trop souvent des bombes à retardement.... 
   Perso, je suis né en colère. Enfant, je piquais des colères monstres. La colère qui vit en moi est mon moteur depuis l'adolescence pour créer ma vie, bouger, changer, dénoncer, déranger, avancer, actionner,.... Haro sur la cool attitude, et en même temps, chaque jour, ne pas laisser le soleil se coucher sur notre colère ! Alors, je me soigne....

   Comme tout un chacun, vous avez dû suivre le petit délire familial quant à l'héritage de Johnny ! Le grand n'importe quoi de sa fille qui nous fait un caca nerveux. La honte nationale par rapport aux petites gens qui adulent son icône de père, et qui sont souvent des gens simples, peu argentés.... "La racine de tous les maux est avant tout l'avidité de l'argent, notre cupidité. Tout celà se transforme en violence à l'encontre de ceux qui sont considérés comme une menace à nos propres "certitudes" . Ce que je possède n'est jamais seulement mien. Combien d'hommes et de femmes vivent comme charmés par l'illusion de l'argent, qui en réalité les rend esclaves du profit ou d'intérêts mesquins". Signé le Pape François le mercredi des Cendres (le Yoga de Patanjali nous dit la même chose)A méditer chère Laura !


    Question d'Amandine, 5 ans, puisé dans mon quotidien : "Pourquoi quand on est content, on a envie de danser ?". Réponse du philosophe : "Peut-être parce que la joie survient sans que l'on puisse la prévoir, nous donnant une sensation de légèreté comme des petites bulles de champagne qui pétillent dans tout le corps.... La joie ne saurait se replier sur elle-même, elle a besoin de se dire, d'être partagée.".
   "La joie naît du sentiment d'être relié. On se sent alors profondément exister et en communion." écrit la psychothérapeute Isabelle Filliozat. Je vous fais une confidence : parfois, seul à la maison, je danse en montant le son d'un rythme, d'une voix, qui me remplissent de joie, de sourires. Nom de dieu, que c'est bon, quel plaisir ! Et vous, comment faîtes-vous ?....

   Mantras actuels : "N'écoute pas les idoles, écoute ta voix intérieure", " Aime-la... Garde-la au creux de tes bras", " Résiste ! Prouve que tu existes !", "Débranche-tout ! Revenons à nous !", "Et respire, maintenant !". Tous signés par la lumineuse France Gall.
   Je rentre juste de 9 jours de "retraite" dans un Monastère (équivalent ashram hindou) de Bénédictines à Jouques : que du bonne heure. Allez-y : elles rayonnent du matin 5h00 au soir 21h00... www.abbayedejouques.org

Bises de printemps,
Jacques

dimanche 18 février 2018

Lettre février 2018 - 76eme -

Bonsoir, Bonjour
"Un ami fidèle, c'est un refuge assuré, 
celui qui le trouve a trouvé un trésor."
Livre du Siracide (6,14)

   C'est fait : le 29 janvier j'ai eu 60 ans. Soixante ans, 60 kg tout mouillé ! Les années donnent de la liberté intérieure. Plus le temps passe, mieux je me sens ! C'est le fruit d'un long chemin qui m'a fait me sentir mieux avec moi-même. Il n'y a pas d'âge pour braver ses peurs, se libérer de ses croyances, de son passé, du carcan qui nous étouffe. Aujourd'hui, je me sens plus proche de mon essence : je n'ai plus rien à prouver, je suis moins soumis aux regards extérieurs, à l'approbation des autres. Le suc, qui est le fruit de l'expérience, se révèle avec l'âge. J'ai encore beaucoup de "tares", mais l'essentiel est d'en prendre conscience : si on les nie, elles nous paralysent. Si on les accueille, on les traverse. Je vis le présent. Je suis ouvert à vivre jusqu'à 100 ans (quoique...) ou à mourir demain (quoique...).Qu'est-ce qui résiste au temps ? La poésie.... Inch Allah !

   "Le jour de notre anniversaire, c'est, chaque année, un rendez-vous avec la vie, sublimé par l'amour, cette musique si précieuse de l'âme qui rythme avec sensibilité le temps qui passe..." nous rappelle Gérard Le Roux dans son ouvrageJ'irais philosopher avec les oiseaux.
   L'ami est un miroir. Un miroir qui réfléchit des choses positives de soi-même. Plus je vieillis, plus je crois en l'échange entre les individus. Essayer de toujours surmonter ses différences. Si on s'isole, on meurt. Combien avons-nous de "vrais" amis ? On peut les compter sur les doigts d'une main. Un ami, c'est quelqu'un qui vous connait bien, etqui vous aime quand même. C'est à dire qu'il vous accepte, il vous prend, avec vos qualités et vos défauts, sans jugement. A 60 ans, je reste prudent, parce que quand on devient un peu âgé, on a quand même tendance à avoir un jugement assez négatif sur beaucoup de choses, et je n'ai pas envie de passer pour un vieux con trop vite !
   J'ai raté ma vocation. Financièrement parlant je veux dire. Depuis l'âge de 16 ans que je suis dans la vie active, j'ai exercé huit métiers en 44 ans, entre deux périodes de chômage et de formation. Globalement toujours smicard mais heureux et surtout libre, précaire mais libertaire. La liberté a un coût camarade ! J'aurais pu être gourou ou politicien, deux "métiers" où on peut gagner plein d'argent ! Imaginez : député aujourd'hui (j'ai été conseiller municipal à 22 ans, donc député ç'aurait été possible aujourd'hui si carriériste j'avais été...) : nets par mois = indemnité de base 5550€ + frais de mandat 5373€ + rémunération des collaborateurs 7405€ + frais de téléphone et de transports (source : Ouest-France 30/11/2017). S'y ajoutent des avantages en nature, quand même !.... Je vous laisse deviner le train de vie des Sénateurs (qui eux n'ont pas à justifier outre mesure leurs dépenses) et... des autres. Bref, ils nous prennent pour des pigeons. A 60 ans c'est décidé : je vote blancdorénavant au second tour.

   Quant à gourou, alors là c'est le jackpot : nourri grassement, logé grand luxe, des nanas à gogo, des belles bagnoles, tout le monde à ses pieds, le tour du monde gratuit, des myriades de disciples, l'argent qui coule à flot. Suffit juste d'avoir un regard hypnotique, de la séduction, du charisme, deux brins de psychologie, parler calmement, connaître plein de trucs spirituels, d'écrire quelques bouquins, et le tour est joué. Petit revers de la médaille : le gourou finit souvent en prison ou... seul. Les deux derniers à s'être faits épinglés fin 2017 en France, en tant que gourous-prédateurs-violents-violeurs sont Sogyal Rinpoche et Tariq Ramadan, mondialement connus et reconnus médiatiquement.... Côté féminin, c'est pas mieux. Des journaux ont déjà tiré la sonnette d'alarme concernant les agissements pervers d'une "Gourelle" mondialement connue pour vous prendre dans ses bras.... Faîtes votre choix.

   Arrivé à 60 ans, j'aimerais rendre hommage à la meilleure moitié du ciel : la femme. Car sans elles, depuis ma naissance maladive, je ne serais point devenu celui que je suis. Merci à ma mère, ma soeur, les soignantes, infirmières, thérapeutes, amoureuses, initiatrices, et surtout mon épouse adorée, unique, top niveau !

   Pour illustrer, je vous livre l'humeur de Bruno Frappat, dans La Croix du 19/11/2017 : "Chaque jour nous montre que les femmes portent le fardeau du monde et des civilisations, en totalité, à commencer par la gent masculine qui se distingue par sa violence, sa lâcheté, son mépris de tout ce qui n'est pas mâle, et sa fondamentale grossièreté. Elles sont au premier rang de tous les malheurs car elles savent pleurer, ce que les hommes ne font plus depuis la fin des guerres antiques. Sur terre, une immense majorité de femmes vivent quasiment en esclavage sous le joug masculin. Nos soucis de carrière et d'égalité hommes-femmes sont, d'une certaine manière, soucis de riches, de nantis, de bien insérés dans la société.

   L'origine de la luxure vulgaire est dans le syndrôme du mâle dominant, persuadé de toute éternité du fait que les femmes n'attendent que lui, que sa force, ses attributs royaux. La source de ce mal est le mépris, de la part d'une partie du ciel pour l'autre moitié. Supérieur, je te domine, je te prends. Je suis ton maître, je te jette quand je le veux. Il suffirait de peu de chose pour réconcilier les deux parties du ciel. Que les machos de toute la terre en rabattent sur leurs prétendues performances viriles. Et surtout, sur l'inepte jalousie cachée de la partie la plus ignoble de l'espèce humaine. Qu'elle cesse de salir et d'avilir le meilleur côté du ciel, celui de la fragilité, de la beauté, de la maternité, des simplicités et de la fraîcheur". Avouez que ça décoiffe !

"Ce n'est pas la lumière qui manque à notre regard,
c'est notre regard qui manque de lumière." 
Gustave Thibon

Livres :
"La force du silence. Contre la dictature du bruit" Robert Sarah
"Quatuor mystique" Charlotte Jousseaume (très belle méditation sur le silence)
"Méditer" revue Christus (en librairie)
"La déliaison amoureuse. De la fusion romantique au désir d'indépendance" Serge Chaumier
"Les langages de l'amour. Les actes qui disent "je t'aime" Gary Chapman
"La partition intérieure" Réginald Gaillard (une musique pour dire le visible comme l'invisible)
"Un vertige" suivi de "La séparation" Hélène Gestern (décrit les étapes fatales qui mènent de la passion au détachement)
"L'Eternité reçue" Martin Steffens (lui je l'adore : relisez "La vie en bleu"...)
"Une île en hiver" Sonia Ristic


Sites
www.laruchequiditoui.fr (à Quimper et partout)
www.assodeployersesailes.fr (école alternative à Quimper)
www.lesplumesdupaon.bzh (collectif des auteurs bigoudens)


"La mélancolie est le sentiment habituel de notre imperfection."
Diderot


   "La seule façon d'aborder la complexité des relations humaines est d'apprendre simplement à aimer. Nous apprenons que l'amour est la force qui unifie toutes les relations humaines, que ce soit notre relation à ceux qui nous sont proches, à ceux qui nous ont blessés (...) ou à l'humanité en général, aux sans-abri à la rue ou à ceux dont la souffrance nous est montrée chaque jour dans les médias. Nous apprenons que c'est le même amour qui nous relie à toutes ces personnes. La simplicité de l'amour est la seule façon d'aborder la complexité des relations humaines. Dans l'amour, nous ne jugeons pas, nous ne sommes pas en compétition ; nous acceptons, nous respectons et nous apprenons la compassion. En apprenant à aimer autrui, nous libérons la joie intérieure d'être, qui rayonne à travers nous et touche les autres à travers nos relations. C'est pourquoi les communautés, les familles et les mariages n'existent pas seulement pour le perfectionnement de ceux qui les constituent. Ils existent aussi pour rayonner l'amour (...) au-delà d'eux-mêmes, irradiant autour d'eux la joie et cette simplicité de l'amour qui touchent tous ceux qui les rencontrent." Laurence Freeman in Aspects of love, 1997, pp. 72-74


   Qu'est-ce que l'être humain ? Un labyrinthe.... Et la famille ? Un sac de noeuds. Le témoignage de Douglas Kennedyrejoint pas mal d'entre nous : "L'enfer que mes parents me faisaient vivre a été un cadeau pour l'écrivain que je suis devenu. D'après mon expérience, le plus grand défi, c'est soi-même. Tout le monde lutte, tout le monde porte des choses pathologiques la plupart du temps transmises par sa famille. Mes parents se disputaient tant que je me réfugiais à la bibliothèque et, grâce à celà, je suis devenu écrivain et accro à la culture. Ils sont restés ensemble jusqu'au bout parce qu'ils étaient catholiques.... Je trouve ça triste : ils ont fait le choix de rester malheureux." A méditer....
   Justement, la pratique méditative n'a jamais empêché d'agir, elle est au contraire le chemin qui mène à l'action. L'action de nous libérer de ce (ceux) qui nous oppresse : la famille, le couple, le boulot, l'autre, notre histoire de vie, nos ombres, ....   C'est souvent par la marge que la pensée s'est renouvelée.... Et par l'intuition, ce que l'on pressent bon pour nous. Ce conseil de Steve Jobs, cofondateur d'Apple, dcd trop jeune lui aussi : "Ayez le courage de suivre votre intuition. Elle et votre coeur savent déjà ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire." Conseil valable pour tous les parents, éducateurs, coachs et autres pédagogues.

   Mantras de février : "La féminisation de la société fait reculer la violence". Ou bien encore celui-ci : "Quand je me réveille le matin, je réfléchis à deux choses : ce que je vais faire pour ne pas qu'on m'emmerde et ce que je vais faire pour ne pas m'emmerder." Signé Johnny !
   Merci aux 27 personnes qui sont venues à notre we yoga fin janvier avec Jacqueline. Que du bonne heure !
   RV de notre groupe parole le 17 à Quimper, en pj.

Mes amitiés à tous les amoureux... qui est l'état de notre conscience unifiée,
Jacques